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Irak: Maliki ordonne à la police d'aider les chrétiens qui ont fui les violences
Par Moudjahid MOHAMMAD AFP - Dimanche 12 octobre,

MOSSOUL (AFP) - Le gouvernement irakien a ordonné dimanche à la police de sécuriser les quartiers chrétiens de Mossoul, où se sont déployés des centaines de policiers, pour aider au retour des milliers de chrétiens qui ont fui les violences contre leur communauté.
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Ces violences ont été condamnées par le pape Benoît XVI.

"Le Premier ministre Nouri al-Maliki a souligné que les forces de sécurité dans la province de Ninive (dont Mossoul est la capitale, ndlr) prendraient les mesures nécessaires pour le retour dans leurs maisons des personnes déplacées", selon un communiqué du gouvernement irakien.

"Les chrétiens ont le droit de vivre en sécurité et dans la dignité, ils sont une composante du peuple irakien."

M. Maliki a demandé une enquête d'urgence pour établir les responsabilités dans les violences qui ont poussé près d'un millier de familles chrétiennes à fuir ces derniers jours leurs maisons.

Par ailleurs, 900 policiers ont été déployés à Mossoul.

"Deux brigades ont été envoyées dans les quartiers chrétiens de Mossoul et les églises sont sous haute surveillance", a déclaré à l'AFP Abdel-Karim Khalaf, le porte-parole du ministère irakien de l'Intérieur. Chaque brigade compte 440 policiers.

Dans quatre quartiers majoritairement chrétiens de Mossoul, des barrages ont été érigés durant la nuit et les policiers fouillaient les voitures, selon un correspondant de l'AFP.

"Les chrétiens ont commencé à quitter leurs maisons sans menace directe des groupes d'insurgés. Ils sont partis à cause des assassinats ciblés" de ces dernières semaines, a affirmé Khalid Abdel-Satar, le porte-parole du commandement militaire à Mossoul.

Au total, 936 familles sont parties vendredi et samedi pour fuir les pires violences antichrétiennes en cinq ans, selon le gouverneur de la région.

Une campagne de propagande antichrétienne et d'actes perpétrés contre cette communauté est à l'origine de la fuite des ces familles, selon le gouverneur de la province de Ninive, dont Mossoul est la capitale, Duraïd Kachmoula.

Mossoul, à 370 km au nord de Bagdad, est un bastion d'Al-Qaïda et l'une des villes les plus dangereuses d'Irak.

Depuis le 28 septembre, au moins 11 chrétiens y ont été assassinés en raison de leur confession, selon le gouverneur. Trois maisons appartenant à des chrétiens ont été détruites à l'explosif samedi.

"Nous avons quitté notre quartier de Zouhour après la mort la semaine dernière de mon cousin dans son magasin. Je suis parti avec mon frère et mon cousin", a déclaré à l'AFP Samer Georgis, un professeur de 45 ans, réfugié à al-Qoush, à une vingtaine de km au nord de Mossoul.

Abou Zeïd, un autre chrétien, a également abandonné sa maison. "On est parti pour toujours de Mossoul. Non seulement on a quitté Mossoul, mais on va quitter l'Irak", a-t-il lancé.

Les familles déplacées --soit environ 5.000 personnes-- se sont réfugiées dans des villages chrétiens en périphérie nord et est de Mossoul.

Dès août, les accès à quelques-uns de ces villages, comme Tel Askouf, étaient défendus par des habitants armés, avait constaté un journaliste de l'AFP.

Vendredi, l'un des dirigeants de l'Eglise chaldéenne en Irak, l'évêque de Kirkouk (nord), Monseigneur Louis Sako, avait dénoncé une "campagne de liquidations aux objectifs politiques" orchestrée contre les chrétiens dans le pays, en particulier à Mossoul.

En février 2008, l'archevêque chaldéen de Mossoul, Mgr Faraj Rahou, y avait été kidnappé et retrouvé mort quelques semaines plus tard.

Le nombre de chrétiens en Irak avant l'invasion américaine de mars 2003 tournait autour de 800.000. Depuis, presque 250.000 ont quitté le pays.